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HALLOWEEN · III / L’INVISIBLE

La présence
du Horla.

Et si le plus troublant n’était pas ce que l’on voit, mais ce que l’on croit sentir ? Une flânerie d’atmosphère à Paris, inspirée par le récit de Maupassant.

GUY DE MAUPASSANT · LE HORLA · VERSION DE 1887

UN RÉCIT, UNE TRANSPOSITION

Le journal du Horla s’ouvre dans la maison du narrateur près de Rouen, face à la Seine qui descend vers Le Havre. Le narrateur séjourne brièvement à Paris en juillet, mais ces haltes ne sont pas celles de son journal : nous utilisons la ville comme un décor nouveau pour explorer les sensations du texte.

Cette expérience ne demande ni obscurité complète ni entrée dans un espace fermé. Elle peut se vivre de jour, au crépuscule ou depuis chez soi.

TROIS SENSATIONS À EXPLORER

La flânerie

01

La Seine qui passe

Pont de Bir-Hakeim · entre les 15e et 16e arrondissements

Dans le récit. Le narrateur voit le fleuve depuis sa maison normande. L’arrivée d’un navire dans son champ de vision deviendra un détail chargé d’inquiétude.

À éprouver à Paris. Choisissez un point de vue sûr et ouvert sur l’eau. Regardez ce qui se déplace lentement, puis ce que vous aviez d’abord oublié de remarquer. C’est le jeu du récit : faire naître le doute dans l’ordinaire.

Le pont de Bir-Hakeim, entre les 15e et 16e arrondissements, superpose deux niveaux de circulation et une longue perspective de métal. Depuis une zone piétonne ouverte, la Seine et les lumières composent une scène propice à la question du récit : qu’est-ce qui passe sans que nous y prêtions attention ?

Pont de Bir-Hakeim éclairé au-dessus de la Seine
Pont de Bir-Hakeim de nuit · Pierre Blaché, CC0 / domaine public ↗
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02

Le reflet incertain

Maison Deyrolle · 46 rue du Bac, Paris 7e

Dans le récit. Le miroir et la carafe deviennent des preuves possibles d’une présence que personne ne voit. Le texte ne cesse pourtant de laisser planer une question sur ce que perçoit son narrateur.

À éprouver à Paris. Arrêtez-vous devant une vitrine depuis l’espace public. Votre reflet se mêle aux objets exposés et à la rue derrière vous : que savez-vous vraiment de ce que vous voyez ?

Au 46 rue du Bac, la Maison Deyrolle rassemble animaux naturalisés et objets de sciences naturelles. Sa présentation évoque un cabinet de curiosités. La photo montre son intérieur ; la visite éventuelle dépend des horaires du commerce. Le reflet de ses vitrines peut prolonger le motif du miroir chez Maupassant.

Vitrine et animaux naturalisés dans la Maison Deyrolle
Vitrine du cabinet de curiosités de Deyrolle · Valdlentin, CC BY-SA 4.0 · recadrée et compressée ↗ · licence
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03

Le silence de la page

Chez vous ou dans un lieu calme accessible

Dans le récit. Les entrées du journal rapprochent le lecteur des pensées du narrateur jusqu’à rendre son trouble presque contagieux.

À éprouver à Paris. Lisez quelques lignes du Horla dans un endroit où vous pouvez vous arrêter sans gêner le passage. Écoutez ensuite les sons que vous aviez laissés en arrière-plan. L’effet vient du texte et de votre attention, pas d’une mise en scène dangereuse.

Cette dernière étape peut se vivre chez vous. Lancez la lecture enregistrée de l’ouverture du journal, accompagnée de son ambiance.

« J’aime ma maison où j’ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule, le long de mon jardin. »

Texte original sur Wikisource ↗

Le Cri de Munch peut accompagner cette sensation d’inquiétude. Le tableau est présenté comme une résonance artistique, sans lien de lieu ou d’intrigue avec la nouvelle.

Le Cri d Edvard Munch, tableau de 1893
Le Cri, Edvard Munch, 1893 · Nasjonalmuseet, domaine public · reproduction compressée ↗
Le fil littéraire. Les trois haltes sont des propositions créatives de Paris en Prose. Elles ne sont ni des lieux du roman ni un itinéraire historique de Maupassant.

CONTINUER LA NUIT

Une autre porte vous attend.

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